La rééducation de l’hyposensibilité a pour objectif d’améliorer la qualité de la sensibilité tactile cutanée, voire de la normaliser car diminuer l’hypoesthésie permet de diminuer les douleurs neurogènes, ou neuropathiques
Cette rééducation passe notamment par l’évaluation régulière de la qualité de l’hypoesthésie, illustrée par le seuil de perception à la pression (SPP).
Parfois, l’hypoesthésie n’est pas accessible, car la peau est recouverte d’un tacon douloureux. En médecine depuis 1979, il y a lieu de parler d'allodynie mécanique. La définition originale est de Merskey & Bogduk (1994):
"Douleur causée par un stimulus qui normalement ne produit pas de douleur" Traduction de Malenfant 1998. Lors de la première séance d’ergothérapie, en cherchant à réaliser le bilan diagnostique de lésions axonales, le test de discrimination de deux points statiques, est alors intestable.
Lorsque cette hypersensibilité au toucher est présente,elle est un frein à tout autre traitement physique car tout contact direct au coeur de ce territoire hypersensible, s’il est en soi, sur le moment, encore supportable, ce contact entraîne un post-effet très douloureux de plusieurs heures, voire de plusieurs nuits sans repos. Cette hypersensibilité au toucher provient des lésions axonales des fibres abeta largement myélinisées. Plus précisément, après une lésion nerveuse périphérique d'un nerf de la peau, un bourgeonnement aberrant prolifère dans la corne postérieure de la moëlle épinière et expliquerait qu’un stimulus non nociceptif soit perçu de manière nociceptive (hypersensibilité au toucher). Ce mécanisme est un des modèles explicatifs des différents mécanismes de sensibilisation centrale.

Lorsque le patient ne présente pas, ou plus, d’allodynie mécanique, la rééducation de l’hyposensibilité, basée sur la plasticité neuronale du système somesthésique, va être mise en place, pour diminuer les symptômes neurogènes. On pourra alors observer que la diminution de l'hypoesthésie (SPP) est corrélée avec la diminution de la douleur (Questionnaire de la douleur Saint-Antoine, DN4)